Rolls-Royce prépare une rare émission d'obligations en euros dans un contexte de guerre
Rolls-Royce prévoit sa première émission d'obligations en euros depuis 2020 pour constituer des réserves financières face à l'impact économique du conflit au Moyen-Orient, signalant un changement dans les stratégies de financement des entreprises.

Rolls-Royce prévoit de vendre de la dette libellée en euros pour la première fois depuis 2020 afin de se prémunir contre l'impact de la guerre au Moyen-Orient. Cette décision marque une incursion rare sur le marché des obligations en euros pour le géant britannique de l'ingénierie, qui s'est traditionnellement appuyé sur des financements en livres sterling et en dollars.
La décision de recourir au marché de l'euro intervient alors que les risques géopolitiques du conflit au Moyen-Orient accroissent l'incertitude concernant le commerce mondial et les coûts de l'énergie, ce qui pourrait affecter les activités aérospatiales et de défense de Rolls-Royce. En diversifiant ses sources de financement, l'entreprise vise à assurer sa flexibilité financière et à réduire sa dépendance à l'égard d'une seule devise. Pour les traders de taux, cette émission pourrait donner un aperçu de la demande des entreprises pour l'euro et de la tarification du risque sur le marché des obligations investment grade. Les traders peuvent suivre la progression de l'opération et les spreads du marché secondaire sur le tableau de bord des taux en direct de NowPrice.
Les acteurs du marché surveilleront le prix final et le coupon de l'obligation par rapport aux indices de référence comparables en euros, ainsi que la taille du carnet d'ordres, pour évaluer l'appétit des investisseurs pour le crédit d'entreprise dans un contexte de vents contraires géopolitiques. La trajectoire politique de la Banque centrale européenne et le taux de change de l'euro par rapport au dollar influenceront également l'attractivité des émissions en euros pour les emprunteurs non membres de la zone euro. Toute nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait accélérer des mouvements de financement défensifs similaires de la part d'autres multinationales.