Les introductions en Bourse de SpaceX, OpenAI et Anthropic testent les limites des valorisations à des milliers de milliards
L'introduction en Bourse très attendue de SpaceX, ainsi que les offres prévues d'OpenAI et d'Anthropic, soulèvent des questions sans précédent sur les valorisations de milliers de milliards de dollars dans la technologie et sur la participation des investisseurs particuliers.

L'IPO tant attendue de SpaceX a testé les limites des marchés financiers modernes, l'investisseur Steve Rattner qualifiant l'ampleur des valorisations et des levées de fonds d'inédite. L'offre devrait être suivie par les IPO d'OpenAI et d'Anthropic, reflétant l'optimisme quant à l'intelligence artificielle et son potentiel à transformer l'économie. Ces méga-IPO mettent en évidence la concentration croissante de la valeur dans une poignée de géants de la tech, soulevant des questions sur la justification de valorisations de plusieurs billions de dollars. Pour les investisseurs en actions, le succès de ces offres pourrait signaler une nouvelle ère de croissance tirée par l'IA, mais aussi des risques de surévaluation. NowPrice affiche les cours des actions et les graphiques en temps réel reflétant le sentiment du marché à l'approche de ces IPO.
Ces valorisations interviennent dans un contexte où le rendement des bons du Trésor à 10 ans oscille autour de 4,5 %, ce qui, selon le modèle de la Fed (comparaison du rendement des bénéfices au rendement obligataire), rend les actions chères. Le rendement des bénéfices du S&P 500 (l'inverse du PER) est d'environ 3,3 %, bien en dessous du rendement obligataire, ce qui suggère que les actions sont surévaluées par rapport aux obligations. Le PER forward du S&P 500 dépasse 22x, bien au-dessus de la moyenne historique de 16x, et les indicateurs de largeur de marché montrent une divergence : seulement 40 % des composants du S&P 500 se négocient au-dessus de leur moyenne mobile à 200 jours, signalant une concentration des gains. La rotation sectorielle reste limitée, les investisseurs privilégiant les valeurs technologiques et de croissance au détriment des secteurs défensifs et cycliques. Par ailleurs, le rendement des rachats d'actions (buyback yield) du S&P 500 est tombé à 2,5 %, contre 3,2 % en 2022, réduisant un soutien traditionnel pour les cours. La volatilité implicite des options, mesurée par le VIX, reste modérée autour de 16, mais pourrait grimper si les IPO déçoivent.
À l'avenir, la capacité des investisseurs particuliers à participer à ces offres reste incertaine, car beaucoup devraient être largement allouées aux investisseurs institutionnels. Les implications plus larges pour la largeur du marché et la rotation sectorielle seront des thèmes clés à surveiller dans les mois à venir. Si les valorisations actuelles ne sont pas justifiées par une croissance des bénéfices suffisante, une correction pourrait s'ensuivre, affectant particulièrement les secteurs les plus surévalués. Les investisseurs devront surveiller de près les annonces de résultats des géants de la tech et les décisions de la Fed, qui pourraient influencer les taux d'intérêt et, par conséquent, les valorisations boursières.