La reprise de l'offre pétrolière plus lente que prévu, selon un trader de CIBC
Rebecca Babin de CIBC Private Wealth prévient que la reprise de l'offre pétrolière est surestimée et s'attend à ce que les prix s'établissent entre 75 et 80 dollars le baril d'ici la fin de l'année.

L'offre de pétrole ne devrait pas revenir sur le marché aussi rapidement que de nombreux traders l'anticipent, selon Rebecca Babin, trader senior en actions chez CIBC Private Wealth. S'exprimant sur Bloomberg Surveillance, Babin a soutenu que le marché surestime le rythme de la reprise de la production, ce qui pourrait maintenir les prix soutenus à court terme. Cette vision contraste avec les attentes d'un retour rapide de l'offre, notamment de la part de l'OPEP+, qui dispose d'une capacité de réserve estimée à environ 5 millions de barils par jour, principalement détenue par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Toutefois, la coordination entre Riyad et Moscou reste un facteur clé, les deux pays ayant historiquement ajusté leur production pour soutenir les prix. Par ailleurs, l'écart entre le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) s'est récemment creusé, reflétant des dynamiques régionales distinctes, tandis que les niveaux de la Réserve stratégique de pétrole (SPR) américaine, tombés à environ 370 millions de barils, limitent la marge de manœuvre des États-Unis pour atténuer les hausses de prix.
L'avis de Babin remet en question l'optimisme dominant selon lequel les contraintes d'offre s'atténueront rapidement, un facteur qui a pesé sur les prix du brut récemment. Si la production est effectivement en retard par rapport aux attentes, l'équilibre offre-demande pourrait se resserrer, offrant un plancher pour les prix du pétrole. Les marges de crack, qui mesurent la rentabilité du raffinage, restent élevées, ce qui incite les raffineurs à maintenir une demande soutenue de brut, même si la demande marginale chinoise montre des signes de ralentissement. La structure du marché, actuellement en backwardation (les contrats à terme proches étant plus chers que les lointains), indique une offre tendue, contrairement à un marché en contango qui signalerait un excédent. Pour les traders qui suivent les cotations de carburant en temps réel, NowPrice fournit les dernières mises à jour sur les prix du brut et des produits raffinés pour naviguer dans cette incertitude.
Pour l'avenir, Babin prévoit que le brut West Texas Intermediate s'établira entre 75 et 80 dollars le baril d'ici la fin de l'année. Les données clés à surveiller comprennent les rapports hebdomadaires sur les stocks américains, qui donnent un aperçu de l'équilibre offre-demande aux États-Unis, et les décisions de production de l'OPEP+, notamment lors de leur prochaine réunion prévue en juin. Les investisseurs guetteront également tout signal de la part de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) concernant les perspectives de demande mondiale, ainsi que l'évolution des taux d'intérêt, une politique monétaire restrictive pouvant freiner l'activité économique et, par conséquent, la demande de pétrole.